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lundi 31 août 2009

Histoire de professeurs

Premier spécimen.

Yvan P., mon professeur de Méthodologie en histoire, mais aussi enseignant d'un cours qui se donne à la deuxième session et, par-dessus tout, fier détenteur d'un diplôme en Sciences politiques.

C'est le genre de professeur qui a l'air d'en être un. On le verrait dans la rue et on se dirait sûrement : « Tiens, cet homme a l'air d'un prof ».

Les cheveux grisonnants, frisés à souhait, ne trompent pas. Mieux, il a des lunettes avec de belles branches en corne noire qu'il porte parfaitement sur le bout de son nez légèrement aquilin.

Il a un teint basané, et malgré qu'il doit approcher la cinquantaine, il porte un jean blanc et des col en V fuschia. Le choix est discutable.

D'ailleurs, c'est en premièrement en voyant Yvan P. et bien d'autres après que j'ai remarqué à quel point le code vestimentaire pour les enseignants était très flexible, voire inexistant.

Auparavant, à l'école où j'étais, les hommes devaient tous porter le veston-cravate, et étaient permises les chemises à manches courtes dès le printemps.

Là, je n'ai encore vu de professeur avec chemise. Un polo, à la limite... Capris kaki, running shoes et vestons en denim en classe sont courants. C'est presque déstabilisant.

Revenons à Yvan P. À un certain point durant son cours qui dure 200 minutes, j'ai arrêté de compter les expressions usées abusivement.

Vous me comprenez?

Oui, je suis persuadée que vous savez que je vous comprend. Je ne suis quand même pas aussi abrutie que j'en ai l'air.

Vous me suivez?

Toujours, monsieur, je n'ai que ça à faire, vous suivre dans vos discours magistraux et enflammés.

On s'entend?

Monsieur, vous parlez tellement fort que les classe du dessus et du dessous doivent même vous entendre.

Et il se trouve tellement drôle! Mais ça me fait rigoler aussi. Parfois.

Homère... Pas Homer Simpson, là! Haha!

Cicéron...C'est pas carré!



Plus que treize semaines. C'est bien, c'est bien.

Histoire d'école

Lundi le 24. C'est la rentrée.

C'est un matin frais et N m'attend depuis deux minutes déjà, comme il n'oublie pas de me le faire remarquer.

Bizarrement, le trajet d'autobus est un trajet semblable à tous les autres que j'ai fait. Marcher sur Sanguinet à l'approche de ma nouvelle école est comme déambuler sur n'importe quelle rue. Entrer dans cet immense établissement et y gravir cinq étages pour le premier cours - rien d'inhabituel.

Pourtant, quand je vois l'allure de la classe, du professeur, des autres élèves, et surtout, ô comble du bonheur, qu'ils ne portent pas d'uniforme, c'est là que le déclic se fait. Je suis passée à la cours des grands, maintenant. Ben, des moyens, en fait.

Puis, c''est en écoutant déblatérer mon cher professeur de Métho que j'ai eu la formidable idée de l'en faire partie intégrante de mes écrits. Pour perfectionner ma technique descriptive, bien sûr.

vendredi 24 juillet 2009

Histoire de chalet, suite

La deuxième journée, on répète le tout.

Enfin, presque.

Parfois, on se fait réveiller par un grand-papa hâtif, toujours levé de bonne heure et de bonne humeur. Il arrive avec son camion, et son petit trailer rouge collé au cul.

Il est 10 heures. J'étais encore entrain de rêver à Hitler.

- Bonjour bonjour!

Oui, c'est bien mon grand-père. Ses yeux plissés, son visage ridé par des années de travail - de quatre enfants, de bon service aux yeux de Dieu, de vieillir, etc. Il vient aider son fils à ramasser une vieille boîte de métal, un tondeuse troisième génération, des roches et des branches. Je les regarde aller, du coin de l'oeil, parce que c'est tellement drôle, et parce que moi, je suis toujours intriguée par la prochaine page de mon roman, que je dévore à grosses bouchées.

Vient l'heure du lunch. Un homme qui a travaillé tout l'avant-midi, ça mange des bons gros sandwichs et une bière. Et ça se fait un deuxième sandwich.

Mon grand-père alimente la conversation pendant le repas : il parle de son voisin, de ses autres enfants (les frères et la soeur de mon père), qu'il y avait un ours à Saint-Étienne la semaine passée mais qu'on l'a attrapé grâce à un sandwich au beurre de pinottes qu'une madame avait gentiment préparé aux hommes qui guettaient l'ours.

Puis, le moment que je redoutais malgré moi :

- C'te lac là, c't'un ben beau lac. Quarante-cinq pieds par endroit! Je l'ai vu avec mon sonar!
- Ah oui?
- Oui-oui. ça me dit même où c'est qu'il y a des poissons. Des achigans, des perchaudes. Pis des crapets soleils, mais ça on les rejette à l'eau quand sont pas trop blessés.
- J'en ai déjà attrapé, des crapets soleils, ici...
- Ah oui? On ira pêcher ensemble. J'vais te montrer. Le meilleur endroit, c'est en face du chalet, mais de l'autre bord du lac, près de la route, là-bas.
-Ok, oui, on ira, dis-je sans grande conviction. Je rajoute une incise pour donner le ton de la conversation. Il aime tellement la pêche que je fais semblant de m'intéresser à fond pour lui faire plaisir.

Après le dîner, il vient voir mon « équipement », s'il en est un. Il me montre comment mettre l'hameçon au bout de ma ligne. Il me dit que ces faux vers - les jiggles - ont tellement bien marché l'autre fois qu'il est venu pêcher avec ma tante et mon cousin.

En fin d'après-midi, il nous quitte, moi sur la promesse d'aller pêcher un de ces quatre, et de mon père, la tâche de dire à ma grand-mère que telle date, nous ferons un gros barbecue familial. (Vous savez, le classique. Tous les oncles, tantes, cousins et cousines ; la baignade, de la pêche, des hot-dogs, des hamburgers...)

Le lendemain, toutes les tâches accomplies sur la liste interminable, je vois mon père aller s'asseoir directement sur le quai. Ça ferait une belle photo. En le regardant, c'est clair qu'il ne fait pas que regarder le lac. Il pense, réfléchit.

C'est typique des Dupont : on beau avoir l'air de ne rien faire, mais ça s'active dans nos têtes. Des dessins s'esquissent devant nos yeux, des mesures s'ajoutent au croquis, des plans germent dans nos esprits.
Les hommes, chez les Dupont, aiment se tenir occupés. Mon grand-père se trouve toujours quelque chose à faire, bidouiller, bricoler, réparer, vernir, peinturer, teindre, sabler, couper, rabibocher, inventer.

C'est donc là que je voyais mon père inspecter le (nouveau) quai sous tous ses angles possibles. Il venait d'avoir une idée, qu'il allait garder pour lui encore un moment avant de nous en faire part.

Puis, il s'est levé, s'est approché du chalet et a dit :

- On mange, et on part! À 13 heures, on est partis!

C'est toujours avec regret qu'on quitte cette deuxième petite maison.

Mais c'est pour mieux y revenir.

Histoire de chalet

Rouler la nuit.

Finalement, au bout d'une heure quarante-cinq minutes où l'automobile fendait la noirceur à toute vitesse, il est temps de sortir. Parce qu'on est enfin arrivés.

Une fois les portières de la voiture ouvertes, une réaction simultanée et pratiquement religieuse s'empare nous : nous nous taisons (enfin!) et observons. Le silence, le noir, les étoiles, la quiétude, le bruissement d'ailes d'une chauve-souris.

Le lendemain, pas besoin de cadrans, que la lumière tiède du matin pour nous réveiller. Ça va être une belle journée. J'entends ma première cigale de l'été. Il faut dire que ces derniers temps, avec la pluie qu'il y a eu, je ne croyais pas du tout à cette saison qu'on nommait été.

Pendant la journée, on ne se demande pas ce que l'on va faire. On le fait, c'est tout. Moi, je regarde surtout mon père aller, comme une abeille. Il travaille, des tâches légères, il répare, bricole, teint le bois de chaises; il se tient occupé. Et il aime ça.
On lit un livre au soleil, on est tellement absorbés par l'histoire qu'on en oublie les heures passer, on fait du canot, du kayak, ou on se baigne dans l'eau fraîche du lac pour, encore une fois, la première fois de l'été. Après la baignade, essoufflés d'avoir nagé à la hâte pour ne pas toucher d'algues, on s'étend sur le quai. Puis, on y est tellement bien qu'on croit s'assoupir pendant quelques minutes.

Le soir venu, après un petit souper toujours fort délicieux, car on a le temps de bien le préparer, on commence un feu. Le moment autour du feu est un moment quasi-sacré. C'est le temps de poser des questions, les bonnes, puis de les laisser suspendre dans l'air. Il se passe souvent de longues périodes silencieuses ou chacun est hypnotisé par les flammes orangées du brasier.

Enfin, quand le feu meurt et que nos paupières sont lourdes, on se couche, sans regarder l'heure, parce que de toute façon, le lendemain, on a tout et rien de prévu à la fois.

mercredi 10 juin 2009

Le déménagement III

C'était grand. Enfin, bien plus grand qu'où nous habitions avant. Il y avait sept pièces et demi, car je les avait comptées, et parce qu'une salle de bain, comme mes parents me l'avaient dit, ça comptait comme un demi.

J'ai fais le tour, car de nature très curieuse, je voulais tout voir immédiatement et être au courant de tout.

Comme il faisait beau, et que bien, on avait une cour arrière, j'ai décidé d'aller y jeter un coup d'oeil.

Je suis sortie sur la galerie et j'ai regardé les environs. Il y avait un ruelle. Même trois ruelles! Une qui passait d'est en ouest, une qui la rejoignait au centre, du nord au sud, puis une autre au bout du pâté de maison, d'est en ouest également. En gros, ça formait un i majuscule immense.

Au bout de notre petite cour, une porte de bois peinte en blanc donnait sur la première ruelle.

C'était parfait! Je pourrais faire du vélo, sortir mes patins à roulettes, mes craies, mes ballons et jouer allègrement, tout l'été! J'en rêvais déjà.

Je fus néanmoins brusquement sortie de ces illusions, quand j'ai senti des yeux qui me regardaient.

Elles étaient là, trois paires d'yeux me reluquant, comme si je venais d'une autre planète.

J'ai rapidement compris que c'était parce que j'étais nouvelle. La nouveauté effraie beaucoup les enfants.

Convaincue, je suis descendue dans la ruelle et je suis allée à la rencontre de ces yeux. Et des trois petites filles qui venaient avec.

C'est à partir de ce moment là que j'ai bâti une série de belles amitiés, des amitiés d'été plus qu'autre chose, des amitiés pour jouer au ballon, pour courser à vélo, pour faire voler des cerfs-volants.

Ce jour là, je croyais avoir perdu bien des choses : le quartier qui m'avait vu grandir, mon école primaire et les copains qui vont de pair... Mais j'ai été gagnante sur bien d'autres points : nouvelle école, nouveaux amis, nouvelle chambre, etc.

C'est aussi ce jour là, à mon grand plaisir, que j'ai rencontré N.

mardi 9 juin 2009

Le déménagement II

Le camp de jour était à proximité du nouvel endroit que j'appellerais bientôt maison.

Ainsi, dès que seize heures retentirent, j'étais déjà prête à quitter le camp et à sprinter jusqu'à la maison. Ce que je fis.

De loin, déjà, je pouvais voir le gros camion au coin de la rue. C'était chez moi! Chez moi qu'on déposait une cinquantaine de boîtes et des meubles et des lits et des tables et des divans et des chaises et des fauteuils et...

J'étais très excitée.

La journée et l'excitation m'avaient même fait oublier la tristesse que j'avais brièvement ressentie un peu plus tôt ce matin-là.

Arrivée à destination, j'ai observé les alentours, puis, d'un pas décidé, j'ai franchi la porte que j'allais, au cours des huit prochaines années, et même plus, franchir mille et une fois.

lundi 8 juin 2009

Le déménagement I

C'était en juillet, j'avais huit ans.

Ce matin-là, je portais sur le dos mon sac rouge rempli d'une bouteille d'eau, d'un lunch, d'un imperméable, d'un maillot et d'une serviette; bref, tout ce dont un enfant aurait besoin pour aller au camp de jour.

J'avais franchi pour une dernière fois la porte que j'avais franchie mille et une fois, tantôt pour aller jouer de longues heures à l'extérieur, tantôt pour aller à l'école où je m'étais fait mes tous premiers amis...

Il y avait cet énorme camion devant la maison. Comme une bête gigantesque, la gueule ouverte, elle engloutissait meubles, chaises, lits, et son ventre se remplissait de plus en plus.

J'ai vu du coin de l'oeil, alors que je regardais ce spectacle, venir l'amie que ma soeur et moi avions en commun. Ma soeur et moi avons quatre ans qui nous séparent : le petite voisine avait deux ans de plus que moi, deux de moins que ma soeur.

J'avais presque les larmes aux yeux. J'avais toujours habité à cet endroit. Nous nous sommes serrées bien fort dans nos bras, puis je la quittais avec regret, en courant très vite, parce que j'allais arriver en retard au camp de jour.

Le soir, j'allais mettre les pieds dans une toute nouvelle maison, plus grande, plus belle, avec deux étages, à nous, et, surtout, une très grande chambre, à moi.

samedi 6 juin 2009

Le petit dragon

Chapitre 1

Il y a très, très, très longtemp dans le temp des dragons, un petit dragon et sa maman. Elles étaient très contente.

Mais le problème c'était que le dragon avait peur des cavaliers a cause de leurs armures. Alors sa maman lui dit : « n'ai pas peur des cavaliers, n'ai pas peur de leur armure. Leurs armures s'ai juste pour les protégers.» De nous, les dragons. Dacord je vais essayer de ne plus avoir peur de tout ça.

Et le petit dragon a grandi grandi et c'est insi qu'elle n'a plus peur du tout des cavaliers, et de leurs armures.

Fin


Bon l'orthographe s'en va de mal en pis! Et il n'y a ni deuxième, ou troisième chapitre, mais une fin... Je remarque que j'aimais assez la formule « très, très, très... » et le « mais le problème c'était... ».

La première phrase n'a absolument aucun sens. Il manque un verbe. Il manque plusieurs s, plusieurs guillemets et points pour indiquer le dialogue. J'adore tout simplement la façon dont j'ai écrit « dacord » et « insi », c'est charmant.

De plus, ce sont des dragonnes hein, voilà pourquoi l'usage du féminin.

lundi 11 mai 2009

La bonne femme de neige

Avant-Noël, il y avais beaucoup de neige, alors moi et Karell on a fait une bonnefemme de neige. On est aller prendre un bon chocolat chaud. Ensuite on est aller dehor, mais la bonnefemme de neige avait fondu on étaient triste. Alors on a jouer dans la maison on a fait une cabane mais elle se détruisait...

Alors Karell est aller chez elle. Et elle a tout expliquer à sa maman pourquoi elle était revenu chez elle.

Fin

Karell, oui, oui celle-là. Parce que non, je n'ai pas assez d'imagination pour mettre en second rôle des personnages ayant pour prénom Karell...


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En mémoire de Madelène Cullen, (196?-2007). Suite à un arrêt cardio-vasculaire, on lui a diagnostiqué un cancer. Son état était gravement avancé. Elle est décédée deux semaines plus tard, le 16 décembre.

dimanche 10 mai 2009

Mon père est plus fort que le tien

Je me rappelle quand j'étais petite et que mon père m'aidait à prendre mon bain, et à laver le peu de cheveux que j'avais: je m'inventais alors un petit défi.

Je prenais la débarbouillette gorgée d'eau et je l'essorais de toute mes forces. Plus d'eau n'en sortait. J'étais fière.

Mon père lui, prenait cette même débarbouillette et l'essorait à son tour, devant mon air ébahi. Après coup, elle était presque sèche.

Wow.

Mon père était vraiment fort. J'étais fière de mon père.

jeudi 7 mai 2009

Histoires de mon enfance

À partir de tout de suite, là, là, je vous propose une minute de pure délectabilité! Oui, car voici quelques récits que jadis j'écrivis... Remarquez qu'il n'y a aucune altération - je les écris tel quel, comme je les retrouve à l'instant dans mon super cahier ligné 100 pages Winnie The Pooh, offert par une amie il y a dix ans de cela. Ce cahier est tout simplement gé-ni-al. Il regorge de notes, dessins, histoires, plans, codes secrets...


Quelque part en première année

La fille super bonne en mathématique (haha, j'ai écrit ça?)

Chapitre 1

Il était une fois une fille qui était très, très, très bonne en mathématique. Elle savait 100+100=200, 300+300=600, elle savait 2+2 c'est facile =4. Elle avait toujours des Bravo dans ses feuilles de mathématique et elle était très contente. Et le prof aussi.

Vous voulez la suite? C'est ce que je pensais.


Chapitre 2

Mais le problème c'était que l'ami d'à côté était moins bon que elle. L'ami d'à côté était découragé. Mai lui, il ne savait pas 100+100=200, 300+300=600 mais il savait 2+2=4. Il était décougaré parce qu'il jouait même quand la récréation était fini au carte PokéMon. C'était pour ça qu'il était découragé. Mais quand il jouait au carte PokéMon, quand il était dans la classe le prof n'avait jamais remarqué ses carte PokéMon. Il était content que le prof n'ait pas vu ses carte PokéMon.

Fin


Ok... je ne comprend pas du tout la fin. Non-sense, non-sense, quand tu me tiens! Malgré que... non je n'y trouve vraiment rien. Pourtant, ma professeure de l'époque, la ô combien gentille Josée, avait bien aimé que je lui fasse lire. Les marges de cette histoire sont remplies de commentaires traçés de cette écriture typique des professeures, en rouge, premièrement (sûrement un stylo Bic), les lettres sont bien rondes, les cédilles sont bien évidentes, la ponctuation très présente...

Quelle belle histoire! Comme tu écris bien. Bravo! J'aimerais que tu lises ton histoire à la classe si ça te tente! Continue! Tu as du talent! Josée.

Wow. Ça, ça t'encourage une petite fille de six ans.