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jeudi 8 octobre 2009

Fille d'automne

Les arbres sont colorés de cet orange brûlé et de ce rouge brique qu'elle aime tant. C'est l'automne et la lumière dehors est parfaite. Chaque coin de rue pourrait faire l'objet d'un tableau tellement toutes les couleurs sont idéales.

Là-bas, des parents appellent leur petit enfant qui s'était arrêté pour ramasser par terre une feuille d'érable toute rouge.

Les quelques cyclistes qui restent à cette période de l'année ont les joues roses de trop d'air frais.

On peut entendre, parmi les voitures et le chaos urbain incessant, le cris des bernaches qui partent déjà vers un horizon plus douillet.

Une scène d'automne typique.

Les feuilles tombées des arbres vieillissants commencent à s'amasser en bordure des trottoirs : comme elle aime y marcher pour les entendre craquer sous ses semelles!

Il la trouve bien gamine de faire ça, mais elle croit bien que ces petites anodineries délectables font partie de son charme... Enfin, il semble de cet avis, puisqu'il lui sourit en la voyant avancer dans les feuilles mortes.

Elle réplique d'un sourie timide et ses joues déjà roses deviennent encore plus teintées.



Comme l'après-midi s'étire, ils sont rendus loin dans la ville. Cela fait peut-être deux heures qu'ils errent sans même s'être arrêtés. Il n'ont cessé de parler de tout et de rien.

Ils font des plans pour l'hiver : ils iront patiner, ils iront faire du ski et de la planche sur tous les monts imaginables, ils feront une énorme bataille de boules de neige avec tous leurs copains...

Cette simplicité fait chaud au coeur. Cette aise est comme de bons bas de laine chauds. Elle se sent bien, elle n'a aucun souci; elle se sent aussi légère qu'une feuille qui virevolte au vent.

Ses mains sont devenues froides, ses doigts engourdis cherchent à se réchauffer.

Il tend sa main pour prendre la sienne.

Se sentant en sécurité, presque soulagée par ce geste, elle se laisse faire sans gêne.

Lui, il la ramènera sûrement au chaud. Et il a probablement des plans en ce qui concerne la fin de la journée.

mercredi 5 août 2009

200

C'est comme remettre des pantoufles que l'on avait caché pendant l'été et qu'on ressort du fond du placard par les temps froids.

Après plus d'une semaine de temps morts, je reviens ici et je retrouve tout comme je l'avais laissé, tout comme avant.

C'est réconfortant.

Entre travail, chalet, journée avec toute la famille élargie à mon chalet (il ne manquait que 2 personnes sur les vingt!), encore du travail, voir des amis, j'ai eu le temps de réfléchir.

Et beaucoup à part ça...


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J'ai fait, mardi dernier, un souper pour mes amis juste parce que j'avais envie de les voir. Et j'me suis pas ménagée! Levée à 9 heures, au marché Jean-Talon à vélo l'heure suivante, j'ai cuisiné et préparé la soirée... tout l'aprèm.

Ç'a valut le coup, je pense. On s'est bien amusé. Il manquait, à mon avis, un personne, peut-être deux, mais je crois que dans les années qui vont suivre, on aura de la difficulté à avoir tout le monde à chaque fois.

J'ai même fantasmé un peu et déclaré qu'on devrait faire ça tout les mois, en rotation de maison. Ça serait drôlement bien.

Je nous vois déjà, l'une avec son copain, l'une avec son mari, lui avec sa xième conquête, eux deux encore ensemble... Haha.

On peut toujours rêver.

mardi 7 juillet 2009

Éditorial

Les gens n'aiment pas qu'on ne les aime pas.

Je lisais quelque part dans Le Devoir que 84% des gens avouent ne pas aimer leurs beaux-parents.

Les individus font trop semblant. Ils simulent. Les femmes simulent l'orgasme. Les hommes simulent l'amour.

Les vendeurs prétendent être votre meilleur ami. Les psychologues prétendent trouver un intérêt véritable à vos histoires pathétiques de célibataire endurci. Les filles en quête d'attention rient faussement à des blagues typiques de messieurs muscles.

Et par-dessus tout, les gens mentent.

C'est vrai!

Pour se sortir du pétrin, pour cacher une vérité blessante ou choquante. Et on parle souvent de vérité partielle... et honnêtement, bullshit. Quoi de plus faux que la vérité partielle... Je cherche encore.

Je suis contre tout ça. J'aimerais que tout le monde se mette à nu. Et littéralement, à part ça. Pourquoi pas, dans le fond?

Une belle société nudiste.

On devrait aussi parler l'espéranto, partout sur la Terre.

Bon tant qu'à ça, on devrait fonder une société internationale communiste.

C'est ça! Toute la terre serait nue, parlerait l'espéranto, et n'aurait aucune classe sociale et des biens partagés...

Je vous laisse sur cet extrait de When Harry Met Sally un film que j'ai vu en fin de semaine, au chalet, avec Jen. J'ai beaucoup aimé. Plus que je pensais. C'est une scène d'anthologie du cinéma, pratiquement.

Ah et, si vos enceintes sont à fond, baissez le volume, vos parents pourraient vous donner de drôles de regards au déjeuner demain matin...

Je veux que l'on peigne un portrait plein-pied de moi et qu'il viellisse à ma place.

mercredi 25 mars 2009

#1

J'avance. 

Je marche dans le centre commercial vide à la semi-pénombre. Je mets un pied devant l'autre, c'est tout ce que je fais. Rien d'autre à faire, je m'installe à une table des kiosques alimentaires.

Puis, soudainement

POW

Une balle. Dans mon crâne. Tout est noir.

Je suis pliée en deux, mon torse repose sur une de ces tables où les quatre sièges sont fixés à la table.

Je suis probablement morte. Sûrement, puisque j'ai reçu une balle dans la tête. Pourtant, quelque chose ne tourne pas rond dans cette fatalité : pas de ce fameux tunnel ni cette lumière-au-bout-du. Il y a quelque chose qui cloche. J'essaie d'ouvrir les yeux.

Ils s'ouvrent avec difficulté ; la lumière m'aveugle un instant. Qu...quoi? Même pas morte et une balle dans le crâne.

Je roule mes yeux dans mes orbites pour mieux voir ce qui se passe autour de moi. Ça y est. J'ai compris. Un tueur, comme dans les écoles secondaires, ou les cégeps, ou en Allemagne, mais dans un centre commercial, cette fois-ci. Et c'est moi qu'il a décidé de tuer.

Mais il ne m'aura pas si facilement, pour ça, non. Ce doit être parce que j'ai la tête dure. Le-dit tueur rôde, plus loin, carabine à la main, aux aguets et prêt à tirer au moindre mouvement.

Ma survie est en danger. Très en danger. Qu'est-ce que je fais? Si je remue, il n'hésitera pas à appuyer sur la gâchette. Qu'est-ce que je fais? Panique. 

Panique. Respire, panique, expire, panique panique panique panique panique panique

Réveil.