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mardi 29 juin 2010

Celle qui arrive

Myriam ne part plus. C'est déjà ça.

J'ai vu partir Rachel, ma gérante, celle que j'aimais comme tout, la jeune et amusante boss, celle qui allait voir les matchs d'improvisation aux mêmes endroits que moi. Elle est partie sans nous avertir, un matin elle ouvrait le magasin comme d'habitude, et à midi elle ne devait plus y remettre les pieds.

J'ai vu partir Catherine, hier, parce ce qu'elle avait fait son temps là-bas (c'est ce qu'elle dit) mais sûrement parce que Rachel n'était plus là.

Je vois arriver Yasmina, tranquillement, qui prend déjà ses aises dans le magasin. Notre magasin. Une nouvelle gérante. On verra ce que ça donne.

samedi 19 juin 2010

Je ne veux pas aller travailler.

Je veux fast-forwarder à ce soir.

dimanche 21 mars 2010

Celles qui partent

J'ai vu partir Magalie, que j'ai connue un mois et pas dans la meilleure période de sa vie. Je la trouvais extrêmement froide et difficile à cerner.

J'ai vu partir Marie-Claude, celle qui croyait, à chaque petit symptôme, qu'elle avait une pierre au rein, ou le SRAS, ou la grippe AH1N1. C'est avec elle que j'ai passé mes premières heures et qui m'a tout appris, ou presque.

J'ai vu partir Sophie, timide mais adorable comme tout, forcée de quitter parce qu'elle irait cinq semaines à Halifax pendant l'été pour Explore. Une semaine de trop pour garder son emploi et faire passer ça pour des vacances.

J'ai vu partir Annie, celle qui travaillait là depuis 2 ans, malgré son âge, pareil au mien. Discrète et réservée, une fois qu'on la connaissait, elle vous faisait tordre de rire. Elle était débordée de travail à cause du CEGEP.

J'ai vu partir Marie-Ève, la (très jeune) matante comique, parce qu'elle allait enfin avoir beaucoup d'heures avec les petits de la maternelle.

J'ai vu partir Marylin, la belle petite rousse, puis brune, puis encore rousse, puis avec des mèches, celle qui parlait toujours un peu trop (qui en avait beaucoup à dire), qui voulait se faire engager comme barmaid et qui voulait devenir agente de bord. Elle est maintenant téléphoniste à la Banque Nationale à 15$ de l'heure plus 16,75$ de l'heure quand elle travaille plus tard que 21 heures. Le plus tôt qu'elle peut commencer, c'est 15 heures de l'après-midi. Grrr.

Je verrai partir Andréanne, la blond bombshell, parce qu'elle est rendue là dans sa vie, parce qu'elle doit songer à sa carrière, sa vraie, celle de photographe.

Je verrai partir Myriam, celle qui est comme une grande soeur taquine, parce qu'elle retourne vivre à Sherbrooke. Allez savoir pourquoi.

Et moi, moi je reste.

samedi 21 février 2009

Je commence à aimer le diable.

Après une semaine à travailler comme une défoncée jusqu'à m'en coucher à minuit, et à me lever à six heures trente le matin suivant, je peux confirmer que le mauve sous mes yeux est devenu clairement indigo.

Je suis épuisée, exténuée. J'accomplis maintenant un maximum de tâches en un minimum de temps. Je ne dors que six heures par nuit et pourtant je ne dors pas sur mon bureau à l'école. Je reste concentrée.

C'est horrible, ça. C'est mauvais signe. Ça veut dire que je me suis habituée à ce train de vie.

Définitivement, il manque d'heures dans une journée. Et il devrait y avoir six jours dans une semaine : quatre de travail, deux de repos. Le ratio idéal.

Six, six, six.

Le mot n'a même plus de sens tellement je l'ai écrit.
À force de faire une tâche répétitive, notre cerveau se mets en mode « veille ». Trente seconde plus tard : la première erreur survient.

dimanche 25 janvier 2009

Fait vécu

Samedi 24 janvier, 16h13.

Dring. Dring.
(Le téléphone sonne. Règle d'or : décrocher le combiné avant le troisième coup de téléphone)

« - Jacob Lingerie bonjour, Laurence à l'appareil.

- Salut Laurence, c'est justement à toi que je voulais parler.

- Ah bon... ? (il est rare d'entendre une voix d'homme ici... surtout voulant me parler.)

- Oui. Écoute, est-ce que tu as beaucoup de clients dans le magasin?

- Présentement, c'est plutôt calme à vrai dire...

- O.k., parce que là, je viens de prendre deux speeds et je feel vraiment cochon et...

- *Clic* »

jeudi 11 décembre 2008

XYZ

Je ne comprend plus... c'est bizarre, la situation est bizarre... Je ne sais même pas comment réagir ou juste quoi dire. Encore, il y a des gens avec qui je peux parler de ça et ils me comprendront, mais sans plus.

J'ai l'esprit envahi de tout plein de choses : des répliques de théâtre, l'histoire des Joad et du pasteur John Casy... des mathématiques, des songes, des idées, des plans, des listes... Mais surtout d'espérance.

***

J'ai perdu trois bonnes heures et demi de mon temps, aujourd'hui. À ne rien faire que d'enlever du plastique et du papier de soie, chiffonner le tout, et jeter. Ou me brûler les doigts à repasser à la vapeur des vêtements.


Bon, d'accord... pour quelques centaines de dollars par mois, ça vaut la peine.

samedi 22 novembre 2008

J'ai mal au cou et je sais pourquoi, cette fois.

Je n'ai rien à dire ce soir, si ce n'est que;

Je n'ai pas écouté les nouvelles depuis cinq jours,
Je n'ai même pas survolé le journal (pour ne pas en nommer un) depuis trois jours,
J'ai ouvert la télé pour regarder Bob l'Éponge, et ce, mercredi dernier,
J'ai passé beaucoup trop de temps à déballer, plier, rassembler des culottes,
J'aime bien mon nouvel emploi.

mercredi 19 novembre 2008

F.A.C.E. ou comment gérer une cliente insatisfaite locace.

F ixer son attention sur les propos tenus
A voir de l'empathie
C almer en s'excusant
E ndosser la responsabilité et trouver des solutions possibles.

samedi 15 novembre 2008

Parlon$ argent.

Mes fins de semaine me coûtent de plus en plus cher, bon sang. Depuis un mois, je dépense environ 30$ par week-end. Et ce n'est qu'une moyenne.
Mais bon, avec mon nouvel emploi, ça devrait bien aller.
Je vends des soutient-gorges et des culottes rue Saint-Denis.

mardi 11 novembre 2008

Inspire, expire, inspire, ration.

Habituellement affligée de logorrhée, aujourd'hui rien ne sort.

Je pourrais parler de ma fatigue chronique, de mon emploi fraîchement acquis, des travaux perpétuellement incomplétés, des chiffres qui s'empilent dans ma tête et que je recrache n'importe comment sur mon examen de mathématiques...

Mais je ne saurais pas le faire... pour ce soir, en tout cas.

vendredi 7 novembre 2008

Ma première entrevue à vie s'est bien passée.

« Quelles sont vos cinq valeurs prioritaires et pourquoi?
- Euh... »

Oui, bien sûr que j'ai fini par répondre, mais... j'y ai mis au moins six bonnes secondes. Je ne m'y attendais surtout pas, et pourtant.... c'est important,
les valeurs, quand on y pense. Bon en plus, j'ai été chanceuse, je n'ai eu qu'à en nommer trois puisque j'avais tapé dans le mile avec le respect, l'initiative et l'implication. Les trois valeurs dominantes de la compagnie. Ouf! Sauvée par la cloche. J'en suais un coup.

Bref, je me suis étonnée moi-même et je dois rencontrer une autre dame lundi prochain, dans la succursale dans laquelle
je vais sûrement travailler.